Chartreuse du Liget

 

 Garance ALVES

 

Clermont-Ferrand (63)


 

Nom du projet 

Réminiscence

 

 

Site Internet

garance-alves.com/



Quelques mots sur l'artiste

Le corps humain, sa présence physique, un fragment, une empreinte ou l’absence de ce corps, les formes vides et abandonnées d’un espace négatif que nous imaginions être autrefois habité, incarné et physique. De là découle l’intérêt de Garance Alves pour l’idée de seconde peau, un cocon pour le corps qui l’enveloppe et le protège. Ce qui manque physiquement c’est le corps humain, seuls les images et les espaces sont hantés de sa présence suggérée.

Garance Alves utilise le changement d’échelle pour représenter en même temps une vue de l’ensemble et une proximité intime d’un corps humain.

Ses œuvres sont subtiles et fragiles. Elles explorent les questions des existences collectives et individuelles ainsi qu’une structure subjective et fragmentée du monde.

 



Le projet

La Chartreuse du Liget m’a tout de suite interpellée. En tant qu’ancien monastère de chartreux érigé au XIIe siècle, il porte tout un pan d’histoire et de patrimoine qui entre en résonnance avec mon travail sur la mémoire des lieux et des corps.

Je propose un projet évoquant la mémoire des générations de pères et frères Chartreux qui ont vécu au sein la Chartreuse du Liget pendant plusieurs siècles. J’aimerai suggérer au spectateur la présence de ces religieux du passé qui ont habité la Chartreuse. Le projet prendra corps dans les magnifiques ruines du grand cloître. Cet espace à ciel ouvert et partiellement détruit m’intéresse particulièrement pour son pouvoir évocateur. Véritables vestiges du passé, ces ruines nous permettent d’imaginer la vie de leurs habitants.

Formellement le projet sera composé d’une série de silhouettes réalisées sur plaques de métal spatialisées dans l’espace du cloître. Ces silhouettes seront celles des vêtements religieux portés par les pères et frères Chartreux. Les silhouettes seront réalisées à même le métal avec du vernis grâce à un pochoir. Le reste du métal ne sera pas protégé, ainsi les silhouettes des costumes religieux apparaîtront progressivement grâce à la rouille et l’oxydation de leurs supports. Le vêtement émergera de l’oxydation du métal comme une persistance rétinienne. L’image sera révélée progressivement sous l’action du temps et des intempéries. Ce processus permettra de créer des présences fantomatiques, comme une mémoire fragmentaire du passé.

A la fois tangibles et fragiles, les corps des pères et frères Chartreux reviendront peupler l’espace du cloître par le biais de leurs vêtements. Les silhouettes réalisées sur les plaques de métal seront spatialisées en arc de cercle dans le cloître. Ces dernières seront installées dans le premier tiers du cloître et orientées vers son entrée. Ainsi le spectateur sera accueilli dans sa visite par cette communauté silencieuse du passé. Il sera invité à déambuler en son sein et en imaginer le quotidien. L’installation sera pérenne et évoluera avec le temps qui passe, le métal s’oxydant de plus en plus et révélant les différents aspects des silhouettes. Ainsi les visiteurs qui se rendront plusieurs fois à la Chartreuse découvriront l’installation à chaque fois sous un nouveau jour. La collaboration avec des entreprises et des acteurs locaux est une richesse. En effet il me semble passionnant de penser et concevoir un projet sur le patrimoine avec les acteurs du territoire. Je serai ravie d’avoir un partenariat avec des professionnels de la métallurgie pour la mise en forme de ce projet. Artiste mais également enseignante, je suis très sensible à l’esprit de l’association B2X de valoriser les savoir-faire, de créer du lien social et de sensibiliser les scolaires aux domaines artistiques. Je serai enchantée d’échanger avec les scolaires sur ma démarche et mon travail. Le projet, pensé spécifiquement pour la Chartreuse du Liget et dialoguant avec son patrimoine, se veut une évocation poétique du lieu et de ses habitants.



Détails techniques

Le projet est composé de 6 éléments. Chaque élément est constitué d’une plaque d’acier fixée sur un socle en acier. Chaque élément pèse environ 216 kg. Le poids de l’installation nécessitera une aide pour la logistique de livraison des matériaux. De même l’installation des plaques dans le cloître nécessitera l’aide d’un équipement approprié tel qu’un engin de levage. Il serait souhaitable du point de vue esthétique que les socles, assurant la sécurité des installations, soient enterrés à 15 cm dans le sol ce qui nécessite des outils pour creuser la terre. Si l'enfouissement des socles dans la terre n’est pas possible, l’installation peut se faire à même le sol, dans l’herbe haute.

Pour le démontage de l’installation, un engin de levage sera également nécessaire.

 

 



Réalisations passées